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Kinshasa-EXETAT : Entre méritocratie et coup de Poker (Tribune)

C’est depuis ce dimanche 27 septembre dernier que les résultats partiels des Examens d’État édition 2020 ont été publiés, en attendant certains résultats des sections techniques au courant de la semaine en cours, ainsi qu’à l’intérieur du pays.

L’édition 2020 de cette épreuve nationale a été une édition particulière et spéciale, à cause de la pandémie du Coronavirus qui a frappé le monde entier, et la République Démocratique du Congo n’a pas été épargnée par cette pandémie.

Ce qui a fait que, toutes les activités (scolaires, économiques, religieuses, académiques et autres) soient paralysées, pendant une longue période, soit 4 mois depuis la déclaration de l’état d’urgence faite par le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi, le 24 Mars dernier, sur toute l’étendue du territoire national.

Et la levée de l’état d’urgence a été faite par le président de la République, dans la nuit du 21 au 22 Juillet 2020.

Dès lors cette levée de l’état d’urgence, les activités sur tous les domaines ont repris leur fonctionnement, notamment, la reprise des activités scolaires, avec un calendrier réaménagé, publié par le Ministre d’Etat, en charge de l’Enseignement Primaire Secondaire et Technique, EPST en sigle, pour les élèves finalistes du Primaire ainsi que du secondaire, malgré le retard accumulé, ces épreuves ont eu lieu.

Une année scolaire difficile

L’annonce des premiers cas de la COVID-19 en RDC avait poussé les autorités à la fermeture des écoles le 18 mars 2020. Quatre mois plus tard, la nuit du 22 Juillet, le Président de la République a annoncé la fin de l’Etat d’urgence sanitaire.

Les écoles ouvrent les portes le 3 Aout septembre 2020 pour les finalistes du secondaire et primaire. Ces derniers n’ont eu finalement droit qu’à deux ou trois semaines semaines des cours car juste après il fallait présenter le TENAFEP pour les finalistes du primaire et commencer les examens hors sessions pour ceux du sécondaire. Après quatre mois d’arret, deux à trois semaines ont suffi pour faire le rappel sur toute la matière et epuiser le calendrier scolaire.

Bien avant d’arriver à cette reprise, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo avait clairement appelé les autorités à déclarer une année blanche. « Ayons le courage de décreter une année blanche » avait-il lancé. Céci afin d’éviter une année bâclée et des résultats non mérités et de mieux préparer une année prochaine sérieuse.

Le courage du ministre de l’EPST et toute son équipe ainsi que la volonté du Gouvernement a permis tout de même de sauver cette année scolaire, un calendrier réaménagé a été publié et les examens de fin de cycle se sont déroulés.

Des résultats des examens qui poussent à se poser des questions

Samedi 26 septembre 2020 dans l’après-midi, soit près de deux semaines après la session ordinaire des Examens d’Etat, le Ministre d’Etat en charge de l’EPST Willy Bakonga annonce le début de la publication des résultats des Examens d’Etat édition 2020 dans quelques heures.

Le suspense est au top. Les réseaux sociaux s’enflamment avec des « fakenews » évoquant le meilleur lauréat avec 98%. Le Ministre d’Etat ne donne aucune information dessus.

C’est finalement le dimanche 27 septembre 2020 dans l’avant midi que les résultats tombent. Partiellement, les résultats des sections autres que techniques sont disponibles par les sociétés de télephonie mobile. Dans la foulée, les statistiques font état de 78% du taux de réussite pour la ville de Kinshasa contre 72% en 2019, une amélioration de 6% pour une année qui a été « compliquée ». Le meilleur résultat est à 91%.

N’ayant pas accès à toutes les statistiques, nous nous sommes mis dans l’observation et l’analyse. 60 et 70% sont monnaie courante. Un score normal. Certains parents sont étonnés de voir leur enfant avec des pourcentages qui n’ont jamais réalisés depuis le début de leur cursus scolaire. Nous sommes loin de l’idée de qualifier cette édition de cadeau suite à la pandémie de la COVID-19 qui a perturbé tous les calculs.

« Chance eloko pamba » a chanté le feu Papa Wemba. Certains eleves ne mériteraient peut-être pas les résultats affichés dans leurs T-Shirt comme dans le dossart des joueurs d’une équipe de football.

Selon un professeur d’un lycée à Kinshasa qui a requis l’anonymat, c’est quelque chose qui tient à cœur, vu l’application des élèves finalistes de ces dernières années, et cela dépend du niveau de l’école, car il y a maintenant plusieurs écoles au niveau de la ville province de Kinshasa qui ne répondent plus aux normes, pour un bon encadrement des élèves.

A la suite de la publication des résultats et de tous les constats faits, le Promoteur de l’école Cartésien et Ministre des affaires sociales et actions humanitaire, Steve Mbikayi a proposé le changement de système d’examination. «Pour des raisons évidentes, je plaide pour le retour au système d’évaluation traditionnelle en lieu et place du choix multiple ou la combinaison des deux. Le mode de participation doit aussi être revu » a-t-il déclaré.

La question de la prolifération des écoles à Kinshasa a doit aussi se poser. Quand les écoles inscrivent les élèves en classes terminales avec le fameux slogan «Chez nous c’est toujours 100% », ceci est une vraie matière à réflexion.

Aussi, l’implication des Enseignants, de dispenser la matière avec conscience et amour, pour la bonne formation des élèves. Ceci passe par une prise en charge appropriée des enseignants par l’Etat Congolais et la prise en considération de leur revendication.

Enfin, les élèves eux-mêmes qui sont la pièce maîtresse de leur formation, ils sont appelés à une conscience totale. Il est inadmissible qu’un eleve diplômé d’état ne soit pas en mesure d’aligner une phrase en Français qui est la langue de l’enseignement en République Démocratique du Congo.

Il est évident que le système d’enseignement de la RDC nécessite une révision totale. Le Ministre de l’EPST devrait donner le ton pour le lancement des dits travaux.

Edouard Gloddy Khandi

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